Mardi, le Parlement écossais a soutenu une initiative en faveur d’un nouveau référendum sur l’indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni, en votant pour une motion demandant à Londres d’accorder au parlement dévolu les pouvoirs nécessaires pour organiser un tel scrutin. Une majorité de députés a approuvé la proposition concernée : seuls 55 des 129 parlementaires ont voté contre.
Il convient de préciser d’emblée que le Parlement écossais n’a pas autorisé la tenue d’un référendum, mais a simplement exigé officiellement que Londres lui transfère les pouvoirs correspondants. Par conséquent, les traders de la paire GBP/USD n’ont réagi que faiblement à cette nouvelle : le cours a inscrit un plus bas local (1,3433), avant de revenir ensuite vers le milieu de la zone 1,34.
Autrement dit, les acteurs de marché ont accueilli cette nouvelle pourtant retentissante avec calme et sans panique, compte tenu du caractère prolongé et très ambigu de la question écossaise. Néanmoins, à mon sens, il s’agit d’un signal suffisamment préoccupant, qui pourrait devenir une véritable sonnette d’alarme si l’initiative d’Édimbourg commence à trouver un écho « au centre ».
La motion approuvée par les députés demande l’adoption d’un ordonnance en vertu de l’article 30 du Scotland Act 1998, qui accorderait au Parlement écossais le pouvoir d’organiser un référendum sur l’indépendance.
Je rappelle qu’en 2014, l’Écosse a organisé un référendum au cours duquel les habitants de la région ont voté contre la sortie du Royaume‑Uni. Ce scrutin s’est tenu deux ans avant un autre plébiscite historique : le référendum national au cours duquel le pays a décidé de justesse de quitter l’UE. Contrairement au reste du royaume, les Écossais ont adopté une position pro‑européenne : plus de 60 % ont voté contre le Brexit. Depuis, l’état d’esprit en Écosse a nettement évolué en faveur de l’indépendance ; les instituts de sondage estiment qu’en cas de nouveau référendum, Édimbourg pourrait, avec une forte probabilité, voter en faveur d’une sortie du Royaume‑Uni et, par la suite, demander sa réadmission dans l’Union européenne.
De son côté, Londres cherche activement à empêcher un tel scénario en se référant au résultat de 2014 et en soutenant que la question a déjà été soumise au peuple et tranchée en défaveur de l’indépendance. En d’autres termes, les autorités britanniques partent du principe que la volonté des Écossais s’est déjà exprimée.
Néanmoins, le Scottish National Party réclame depuis longtemps et avec constance la tenue d’un nouveau référendum, malgré la ligne dure du pouvoir central. Ces débats ne datent pas d’hier. En 2021, la Première ministre Nicola Sturgeon a porté ce sujet sur le devant de la scène en affirmant que la région entendait revenir dans l’Union européenne « en tant que nation indépendante ».
Cinq ans plus tard, les discussions sur une sortie du Royaume‑Uni reviennent avec une vigueur renouvelée sur fond de résultats inattendus aux élections locales au Royaume‑Uni et d’une montée de l’activisme politique en Écosse. Et même si un accord formel de Londres paraît toujours peu probable, le débat politique sur cette question est devenu une issue presque inévitable.
En réalité, les résultats des dernières élections locales au Royaume‑Uni ont accentué la fragmentation politique, reflétant l’affaiblissement du traditionnel bipartisme. Les principaux vainqueurs du scrutin ont été la formation de droite Reform UK de Nigel Farage et les représentants du Green Party. Le parti de droite a pris le contrôle de dix conseils locaux, réussissant à capter des voix aussi bien aux Conservateurs qu’au Labour, qui comptait traditionnellement sur l’électorat ouvrier. Le mandat démocratique d’Édimbourg s’est renforcé sur fond d’effondrement électoral historique des grands partis britanniques en Écosse.
Dans ce contexte, Londres est contraint de réagir plus activement à la montée des sentiments de protestation et des revendications régionales. Parallèlement, l’affaiblissement de la position du Labour réduit l’efficacité du principal frein politique aux initiatives indépendantistes, puisque ce parti en a historiquement été l’adversaire le plus constant.
Ainsi, Westminster refusera vraisemblablement la demande, mais pourrait chercher à mettre en place un format de négociation ou une commission pour réduire la tension politique. On ne peut exclure des tentatives de l’Écosse d’agir de manière unilatérale ou consultative : elles accentueraient l’incertitude institutionnelle – par exemple au moyen d’un plébiscite « consultatif ». D’autres options possibles incluent des recours juridiques, voire la création d’une « convention constitutionnelle de l’Écosse » visant à élaborer un modèle d’indépendance en dehors d’un référendum formel.
De tels scénarios pourraient exercer une pression sur la livre sterling, d’autant plus que la position du Premier ministre Keir Starmer demeure précaire : il a récemment failli perdre son poste après de mauvais résultats aux élections locales.
Dans l’ensemble, il est légitime de conclure que le Scottish National Party a durci sa rhétorique et adopté une tactique plus conflictuelle. Cela implique que la question de l’indépendance de l’Écosse reviendra régulièrement à la une, ce qui devrait accroître la volatilité de la paire GBP/USD. En cas de montée de l’incertitude et, a fortiori, de turbulences politiques, la livre sera de nouveau soumise à une forte pression.
D’un point de vue technique, sur le graphique en quatre heures, la paire GBP/USD se situe entre les lignes médiane et inférieure des Bollinger Bands et en dessous des lignes Tenkan‑sen et Kijun‑sen. Dans le même temps, le cours évolue à l’intérieur du nuage Kumo de l’Ichimoku. L’objectif le plus proche pour un mouvement baissier se situe à 1,3400 – la limite inférieure du nuage Kumo, qui coïncide avec la bande inférieure des Bollinger Bands sur la même unité de temps.